Le testament
Inspiré de l’unique roman d’Eugène Ionesco
« Le solitaire »
Avec Karim Arrim
« J'ai sans doute été inspiré par l'histoire de ce moine zen, qui arrivé au seuil de la vieillesse, après avoir cherché durant
toute sa vie un sens à l'univers, un début d'explication, une clef, a tout à coup une illumination. Regardant autour de lui avec un regard neuf, il s'écrie : "Quel leurre !" et rit aux
éclats ». Ionesco ("Antidotes", Gallimard, coll. "Blanche", p. 324.)"
Synopsis
"Surtout ne pensons pas. Ne pensons à rien. Ne jugeons de rien. Autrement, je deviendrai fou. Mais qu'est-ce que c'est
qu'un fou? Autre question à ne pas se poser. Et c'est ainsi que j'ai pu vivre pendant des années dans l'instant, un instant sans commentaires, un instant indéfini" C’est du moins ce que pense le
personnage du premier et de l’unique roman d’Eugène Ionesco.
A 35 ans, un homme fait un héritage et se retire de la vie. Il ne cesse de s’étonner de ses semblables
qui continuent à vivre, à aimer, à croire. La recherche de l'oubli, la nostalgie du savoir que nous n'aurons jamais, le sentiment également de notre infirmité et du miracle de toute chose, lui
donnent une dimension mystique. Comment parler d'un récit qui ne propose pas de réponse, pas ou si peu d'histoire, mais qui s'offre comme un songe (mi-cauchemar, mi-rêve en
couleurs)?
Notes de mise en scène
La nouveauté d’une écriture (quelle qu’elle soit) vous jette dans un inconnu et vous oblige à inventer une nouvelle grammaire. L’adaptation scénique d’un
roman vous met face à un sens à incarner et à éclairer. Cette recherche se réclame de la raison qui
nous encourage, au-delà de l’acte affectif singulier, à explorer notre relation à l’œuvre afin de dépasser une agréable mais ponctuelle cohabitation.
Certains constatent qu’entre une bibliothèque et un théâtre, qui sont en général deux lieux d’étude, persiste une forme de silence : celui qui sépare,
peut-être, deux ordres de raison, la tradition orale et la tradition écrite. Pourtant le langage réunit ces deux modes d’échanges. Dans chaque spectacle, la matière inspire différemment.
Nous ne sommes plus alors devant un exercice de style, mais dans une création.
Le Solitaire ne s'inscrit pas pour autant dans le cadre du type de romans classifiés sous le nom de "nouveau roman", et ce n'est pas non plus un roman du "théâtre
absurde". C'est un roman psychologique (ce qui l'exclut des deux tendances mentionnées) - un roman existentialiste si on veut. Il y a en effet trois psychologies mêlées à l'histoire: celle de
« Je », celle de « Je d'après coup » et celle de Ionesco. Comment distinguer les propos des trois? En tout cas, il est difficile sinon impossible de prétendre que tout ce
qui est dit représente la pensée de « Je ».
Le point de vue n'est pas conforme aux règles du "naturalisme". Les hommes et les choses existent toutes par rapport au personnage « Je ». Nous
connaissons exclusivement le monde qui l'entoure tel qu'il nous est accessible, c'est-à-dire : filtré par sa conscience. La composition formelle du roman est très libre. Il n'y a pas de chapitres
indiqués et l'action change avec les réflexions de « Je » de façon désordonnée, un peu comme un "flot de conscience", mais tout de même un "flot" structuré par l'auteur.
Ionesco n'est pas sans savoir qu'il peut paraître malade d'esprit si on le juge à travers ses écrits:
"Je crois que la littérature est névrose. S'il n'y a pas névrose, il n'y a pas littérature. La santé n'est ni poétique ni littéraire. Elle ne permet pas le progrès
non plus: elle ne demande "rien de plus, de mieux". Maintenant est-ce que cette "névrose" est significative ou représentative d'une tragédie humaine ou n'est-ce qu'un cas particulier Si c'est un
cas particulier, cela a certainement moins d'intérêt. Dans la mesure où cette névrose est représentative de la condition humaine (l'homme n'est-il pas "l'animal malade"?), d'une détresse
métaphysique, ou si elle est l'écho de conditions psychosociologiques qui ne sont pas la faute de l'écrivain, mais la faute de réalités objectives, alors cela peut avoir de l'intérêt, une
signification vaste, qu'il est indispensable d'approfondir".
Biographie
Né à Slatina (Roumanie), le 13 novembre 1909.
Né d'un père roumain et d'une mère française, Eugène Ionesco passa sa petite enfance en France. Il y écrivit à onze ans ses premiers poèmes, un scénario de comédie
et un « drame patriotique ». En 1925, le divorce de ses parents devait le conduire à retourner en Roumanie avec son père. Il fit là-bas des études de lettres françaises à l'université de
Bucarest, participant à la vie de diverses revues avant-gardistes. En 1938 il regagnait la France pour préparer une thèse, interrompue par le déclenchement de la guerre qui l'obligea à regagner
la Roumanie. C'est en 1942 qu'il devait se fixer définitivement en France, obtenant après la guerre sa naturalisation.
En 1950, sa première œuvre dramatique, La Cantatrice chauve, sous-titrée « anti-pièce », était représentée au théâtre des Noctambules. Échec lors de sa création,
cette parodie de pièce allait durablement marquer le théâtre contemporain, et faisait de Ionesco l'un des pères du « théâtre de l'absurde », une dramaturgie dans laquelle le non-sens et le
grotesque recèlent une portée satirique et métaphysique, présente dans la plupart des pièces du dramaturge. Citons, entre autres, La Leçon (1950), Les Chaises (1952), Amédée ou comment s'en
débarrasser (1953), L'Impromptu de l'Alma (1956), Rhinocéros (1959), dont la création par Jean-Louis Barrault à l’Odéon-Théâtre de France apporta à son auteur la véritable reconnaissance.
Viendront ensuite Le Roi se meurt (1962), La Soif et la Faim (1964), Macbeth (1972).
Auteur de plusieurs ouvrages de réflexion sur le théâtre, dont le célèbre Notes et contre-notes, Eugène Ionesco connut à la fin de sa vie cette consécration d'être
le premier auteur à être publié de son vivant dans la prestigieuse bibliothèque de la Pléiade.
Eugène Ionesco fut élu à l'Académie française le 22 janvier 1970, par 18 voix contre 9 à Jules Roy, au fauteuil de Jean Paulhan. Il fut reçu par le professeur Jean
Delay, le 25 février 1971.
Mort le 28 mars 1994.
Le théâtre des années cinquante est un genre renouvelé par deux dramaturges, Eugène Ionesco et Samuel Beckett. Le drame psychologique, la tragédie antique revisitée
(Giraudoux), la comédie sont désormais écartés, et la mise en scène est réduite à quelques objets emblématiques, à un décor saugrenu. Les obsessions des personnages sont "cultivées" par des
monologues confus ou des dialogues illusoires, dans lesquels le langage - son pouvoir, ses structures, ses préjugés idéologiques - est sans cesse remis en cause. Ce nouveau théâtre a parfois été
nommé le "Théâtre de l’Absurde", car il rappelle en effet les thèmes existentialistes des œuvres de Sartre ou de Camus. Toutefois, cet absurde ne semble pas aboutir à un engagement (Sartre) ou à
une révolte (Camus). Personnages et situations chez Ionesco et Beckett semblent plutôt s’immobiliser dans un tragique total, un nihilisme sans fin. La nature absurde de ce "nouveau théâtre"
trouve également ses origines dans le mouvement surréaliste, et plus généralement, dans le rejet des propagandes totalitaires, fascisantes, qui ont tant marqué les premières décennies du XXe
siècle.
Dans la dernière partie de sa vie, il s'essaya également au genre romanesque et termina en 1973 Le Solitaire, où un personnage à la fois marginal et insignifiant passe en revue son passé vide de
sens et sans présent.
Equipe artistique
Direction
acteur Thierry
Coma
Direction
artistique Karim
Arrim
Photos Pascal
Guiblain
Théâtre Volubilis
Salle Hélèna
Place de la république
66200 ELNE
Directeur Artistique
Karim Arrim 06 81 47 26 35
Attachée de production
Laetitia Pasquier 06 11 83 47 52
theatrevolubilis@gmail.com
Création Théâtre Volubilis et Compagnie Pérégrine 2009
Avec le soutien de la ville d’Elne et la médiathèque Pierre Capeille
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